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Tosyali demande à l’UE de lever les quotas sur l’acier algérien

 Depuis la tribune prestigieuse du Forum Économique Mondial, Fuat Tosyalı, président du géant industriel Tosyalı Holding, a lancé un appel pressant à l’Union européenne. Il l’exhorte à abroger les quotas d’importation qui frappent l’acier en provenance de Turquie et d’Algérie, dénonçant des mesures qu’il juge « préjudiciables à l’industrie sidérurgique européenne et contraires aux objectifs de développement durable ».

L’industriel turc a plaidé avec force pour la reconnaissance du rôle stratégique des producteurs en amont à faibles émissions. « L’UE se doit de lever les entraves pour des partenaires comme la Turquie et l’Algérie, qui fournissent un acier primaire plus vert. À défaut, elle prend le risque de saper la compétitivité de ses propres industries aval », a-t-il affirmé. Selon lui, libéraliser les flux permettrait à Bruxelles « d’intégrer plus efficacement l’acier vert au sein de son écosystème industriel », alignant ainsi la politique commerciale sur les ambitions écologiques.

Son analyse s’est élargie aux grands déséquilibres mondiaux. Pointant du doigt une surcapacité structurelle, il a rappelé que la Chine absorbe à elle seule près de la moitié de la production mondiale d’acier brut. Avec un excédent global avoisinant les 680 millions de tonnes – et une projection à plus de 720 millions d’ici 2027 –, cet environnement, grevé par des technologies polluantes, pèse lourdement sur la stabilité des marchés et la visibilité des producteurs.

Le cas algérien : un géant entravé

L’argument de Tosyalı s’appuie sur un témoignage concret : celui de son complexe sidérurgique d’Oran, fleuron industriel en Algérie. Avec un chiffre d’affaires annuel de 3 milliards de dollars, dont un tiers généré à l’export vers 25 pays, et un objectif de 1,5 milliard de dollars d’exportations pour l’an prochain, le site fait pourtant face à un paradoxe européen.

Lors de la récente Foire de la Production Algérienne à Alger, un responsable du groupe s’en était ouvert au Président Abdelmadjid Tebboune : « Ils nous accordent des quotas trimestriels que nous épuisons en une semaine », avait-il expliqué, tout en constatant que « tous les pays de l’Union européenne souhaitent s’approvisionner à Oran ».

Le chef de l’État algérien avait alors réagi avec fermeté, estimant nécessaire de « revoir cette situation » au nom de la réciprocité. « Nous leur accordons une préférence par rapport à d’autres, d’autant que notre acier est d’excellente qualité. C’est un dossier que nous allons traiter avec l’Union européenne », avait-il déclaré, posant les bases d’une future discussion diplomatique.

L’intervention de Fuat Tosyalı à Davos place ainsi les relations commerciales entre l’UE, la Turquie et l’Algérie sous les projecteurs, y mêlant des enjeux de compétitivité industrielle, de transition écologique et d’équité économique.

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