Réunie sous le thème «Souveraineté et résilience : une nouvelle trajectoire économique pour l’Algérie», cette enquête de PwC, menée dans le cadre de la Global CEO Survey, dresse un état des lieux exhaustif du climat des affaires dans le pays. Devant un parterre de représentants du gouvernement, d'experts et d'acteurs économiques, les résultats présentés témoignent d'une dynamique de confiance retrouvée.
Le chiffre le plus marquant de cette édition est sans conteste celui des prévisions de croissance : 83 % des dirigeants algériens interrogés anticipent une croissance économique pour l'année à venir, contre seulement 61 % lors de la précédente édition. Plus impressionnant encore, 90 % des patrons se disent « très à extrêmement confiants » dans leurs propres perspectives de développement, un indicateur en légère progression par rapport aux 87 % enregistrés auparavant.
Ce tissu entrepreneurial, résolument tourné vers l'avenir, est composé de profils solides : 72 % des répondants appartiennent au secteur privé, 58 % dirigent des structures de plus de 500 collaborateurs, et près d'un tiers (29 %) réalisent un chiffre d'affaires annuel dépassant les 100 millions de dollars.
Malgré cet optimisme, le ciel n'est pas totalement dégagé. L'enquête souligne une «appréhension du risque inflationniste» persistante. Pour 63 % des chefs d'entreprise, l'inflation constitue une «menace significative» pour leurs activités.
En revanche, les tensions géopolitiques semblent moins peser sur le moral des décideurs locaux. Seuls 39 % d'entre eux les considèrent comme un risque majeur, et 46 % estiment même que l'impact de ces incertitudes mondiales sur leur volonté de réaliser de grands investissements est en diminution.
Pour naviguer dans ce contexte en mutation, les dirigeants algériens adaptent leurs stratégies. La cybersécurité s'impose comme la priorité absolue face aux risques géopolitiques pour 50 % des sondés. Parallèlement, l'innovation est citée par 47 % des patrons comme un levier stratégique essentiel pour assurer la pérennité de leurs entreprises.
Karim Sassi, directeur adjoint chez PwC, a résumé cette tendance en soulignant que le patronat algérien est désormais capable de «conjuguer ambition de croissance et adaptation aux nouveaux défis».
La journée a également été l'occasion de débats profonds à travers quatre panels thématiques. Les discussions ont porté sur la transformation du potentiel énergétique en puissance régionale, ainsi que sur l'émergence d'une souveraineté numérique à travers le «Cloud souverain».
La souveraineté sanitaire, où l'Algérie est citée comme un exemple africain, et les réformes institutionnelles visant à structurer une nouvelle dynamique de croissance agricole et financière, ont également été au cœur des échanges. L'objectif final demeure clair : offrir une lecture structurée des opportunités dans un environnement économique marqué par des mutations accélérées.


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